08 octobre 2009
Sous la pluie
Le temps est gris depuis quelques jours. C'est aussi la saison de la chasse qui commence. Nous avons commencé à entendre des coups de feu. Les promenades en forêt doivent donc être modérées. Je n'aime pas beaucoup cette période, parce que la nature est probablement la plus belle, mais qu'on ne peut qu'en profiter qu'à moitié. Je ne voudrais pas prendre une balle perdue. Dieu sait que ça arrive beaucoup trop souvent. Alors l'automne est pour moi la période où je redécouvre ma parcelle de forêt.
La forêt où je marche tous les jours a de beaux sentiers parsemés de feuilles mortes, d'aiguille de pin. C'est un terrain de jeux géant où ils ne faut pas avoir peur de tomber nez à nez avec toutes sortes d'animaux: faucons, renards roux, chevreuils, orignaux. Il y a eu la rumeur d'un ours une fois et de coyotes. Je ne crois pas que ce soit vrai. Mais il faut dire que je n'en ai pas vu non plus.
Ma parcelle de forêt à moi est plus sauvage. Envahie par les maringouins l'été, touffue et impraticable, nous n'y allons pas vraiment. Nous avions commencé à l'aménager un peu, cependant l'été, la nature reprend ses droits. Pour le moment nous n'avons pas les moyens d'en faire de véritables sentiers. L'automne, cependant, lorsque les fougères se fanent et sèchent, le sol est recouvert de feuilles qui craquent sous les pas. Mis à part la boue qui se forme parfois sous ce tapis, les chemins se découvrent enfin et nous laissent la place à nous, pour des promenades. Comme si la nature savait que l'automne, on ne peut pas aller ailleurs. Alors elle nous laisse la voie libre.
Gustave a commencé à découvre notre bout de forêt. Il connaît le chemin par coeur et raffole de l'automne. Dès qu'il voit les feuilles partout, il court, court, se roule dedans, va dans la forêt, revient, machouille des bâtons, des bouts de bois, etc. Il est drôle. Hier, pendant une accalmie (il faut dire qu'il a plut toute la journée et qu'il faisait bien froid) j'ai décidé de l'amener faire une petite promenade. Il ne tenait pas en place. Ça nous ferait du bien à tous les deux. Au bout de notre parcours, il a commencé à pleuvoir. D'abord peu, la couverture des arbres nous cachait de la pluie. Puis, de plus en plus fort. Suffisamment pour qu'en sortant de la forêt, je sois trempée. Gustave courrait toujours partout et n'avait aucune envie de rentrer. J'étais déjà complètement trempée, un peu plus ou un peu moins! Nous avons joué pendant une quinzaine de minutes avant que je ne le force à rentrer. J'étais trempée jusqu'aux os, les cheveux avec de longues frisettes à l'anglaise. Je me suis changée et j'ai amené Gus dans un bon bain chaud, histoire d'enlever la boue et de le réchauffer un peu. Il est maintenant tout doux, il sent tout bon. Il a dormi tout le reste de l'après-midi.
En fin de journée j'avais un peu le frisson, conséquence de cette douche sous la pluie froide. J'ai toujours aimé la pluie et me faire tremper ne me dérange pas. Je me suis bien emmitoufflée, fait un lait chaud au miel, un thé par la suite et je me suis reposée, avec un bon livre. Je suis toujours en Chine, avec Robert Fortune. Le voyage achève...
Les outardes sont de retour. Depuis deux jours, elles traversent par vagues au dessus de la maison. Elles se suivent et poussent des cris qui me font tout de suite tourner la tête vers le ciel. J'adore les voir partir et aussi revenir. L'espace d'un instant, tout s'arrête. On observe. On écoute. Immuablement, chaque année elles y sont.
Il y a des choses qui sont réconfortantes...
04 mai 2009
Envol
Nous étions à la voiture. C'était quelques instants après le souper. Nous rentions à la maison et on discutait quelques minutes encore avec mes beaux-parents. Tout à coup, quelqu'un a pointé le ciel du doigt. "Regardez!" Du lac, des milliers et des milliers d'oies s'envolaient vers nous, en passant au-dessus de nos tête. Par très grands groupes, à quelques minutes d'intervalles, elles nous survolaient. On aurait dit des vagues. Vagues d'ailes, de cris, d'oiseaux. C'était impressionnant. Jamais de toute ma vie je n'en avais vu autant.
Au dernier moment, j'ai pensé à prendre des photos. Elles étaient déjà bien loin et ce que j'ai pu attrappé sur pellicule ne rend pas du tout justice au spectacle impressionnant qu'elles nous ont offert. Elles volaient si bas, qu'on voyait les détails de leurs plumes à l'oeil nu. Elles étaient des milliers, alors que je n'en ai photographié qu'une dizaine. J'étais trop impressionée par ce que je voyais pour penser même prendre de belles photos. Il y a des spectacles aussi merveilleux soient-ils, qu'on préfère vivre tout simplement.
Cet envol par vagues successives a duré de longues minutes. Nous avions tous la tête tournée vers le ciel. Ce spectacle nous a laissés sans voix.
17 avril 2009
Nuage d'oies
Cette période de l'année apporte avec elle des milliers d'oies qui font une halte au Québec avant de partir nicher plus au nord. Le spectacle est absolument remarquable. Près de la maison, dans le fin fond de la forêt, il y a un marais où viennent se reposer certaines d'entre elles. Pendant plusieurs jours, on les entends cancanner l'après-midi. Je n'ose pas aller les voir, de peur de les déranger. Je ne voudrais pas les faire fuir. Les entendre me rappelle que nous sommes à la saison des oies et qu'il faut profiter de leur visite car après, elles ne reviennent qu'à l'automne.
À Pâques, nous sommes allés en visite dans nos familles. Le soir, lorsque le soleil se tourne vers le lac et s'incline, le ciel devient brillant, orangé, magique. Et les oies continuent d'affluer dans les champs inondés. Elles me survolent, alors qu'armée de mon appareil photo je tente d'en capter quelques unes au passage.
C'est dans ces moments magiques que nous offrent la nature qu'on se dit que le monde est bien vaste, bien fragile et surtout, que nous n'en connaissons bien qu'une infime partie...





