Vivre à la campagne: plaisirs et petits bonheurs

Carnet de la campagne, d'une nouvelle vie, petits bonheurs futiles et agréables de la vie à la campagne.

06 août 2009

Randonnée au soleil

randonneevelo1Je profite de cette matinée de pluie pour apporter un peu de soleil à mon billet. Mardi il faisait très chaud et le soleil plombait sur nos têtes. J'avais envie de bouger, mais avec mon pied que je dois vraiment reposer un peu(je dis ça chaque fois) il n'était pas question d'aller marcher et encore moins de courrir. J'ai donc décidé de partir en vélo.

Après le dîner, j'ai tout préparé. Mes pédales sont ajustées légèrement trop hautes, ce qui m'évite de m'étirer le pied et de pouvoir ne mettre que de la force dans une seule jambe ou presque. J'ai attaché un sac contenant nos provisions en eau puis, Gustave est monté dans sa petite remorque et nous avons pris la route.

randonneevelo2Chez moi, puisque nous vivons sur un plateau forestier, plus bas que le reste des gens, nous sommes entourés de grosses côtes. S'il est bien agréable de les descendre à toute vitesse, il faut aussi, un moment donné, les monter. Ce qui rend la promenade encore plus "physique". Pour sortir de chez moi, peu importe la route que j'emprunte, je dois donc grimper des côtes. À mi-chemin de la première, je me suis arrêtée prendre quelques photos. Ce n'était pas vraiment du goût de Gustave qui préfère rouler ou alors, s'arrêter MAIS sortir de la remorque.

randonneevelo4À cette époque de l'année, les fermes et les champs sont magnifiques. La récolte de blé se fera bientôt. Les champs sont dorés et s'étirent sur des kilomètres des deux côtés de la route. Arrivé tout en haut, il suffit de rouler un peu pour voir surgir derrière les murs de la forêt, du blé à perte de vue. Avec le soleil, on dirait des champs remplis de fils d'or. J'ai toujours beaucoup aimé les champs de blé. Il me semble que je m'y perdrait des heures, à tournoyer entre les brins. De voir des champs de terre et de roches devenir tout à coup blonds et soyeux, c'est réellement magique!

randonneevelo8S'y promener est merveilleux. Je m'y attarde toujours un peu, même si mon petit passager n'aime pas attendre. Il me le fait bien savoir en jappant à perdre haleine. Un petit câlin à mon Gustave et nous repartons. Il se calme instantanément. Dans les côtes, il jappe aussi si ça ne va pas suffisamment vite à son goût. C'est donc un bon entraineur, qui me force à me dépasser! ;) Je n'ai pas le choix de pédaler. Monsieur tient à voir du paysage et pas à petite vitesse!

Pendant notre randonnée, nous avons l'occasion de traverser de nombreux champs et de nombreuses fermes. Le soleil est si fort qu'il n'y a personne à l'extérieur. Les bruits ambiants sont ceux des oiseaux, du vent entre les feuilles et le crissement des roues de mon vélo. Le ciel est d'un bleu merveilleux. La forêt se révèle presque magique.

randonneevelo7Tout autour de nous, les champs, qui eux, sont une éternelle redécouverte. Ils changent au fil des saisons. J'aime les traverser parce qu'ils offrent un éventail de beautés à contempler. Ils évoluent avec le soleil, les plantations, les récoltes. Ils changent selon la personne qui s'en occupe (ou non). Modifie son paysage selon la température. Ils offrent toute une palette de couleurs. Le vent fait valser les plants. L'hiver ils deviennent de grandes étendues toutes blanches. La route se perd générallement entre les deux et la neige s'y entasse. On ne voit souvent pas la limite entre la route et les champs. Il faut être vigilant pour ne pas s'y perdre.

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L'hiver, une petite parcelle au bord de la route devient un passage pour les quatre-roues et les motoneiges. Ils traversent ce petit pont de fortune qui l'été venu, devient un élément du paysage. Tout au loin, on voit le village et les fermes qui prennent un peu de repos sous le soleil du midi.

Nous empruntons ensuite la route verte, cette route incroyable qui permet de traverser le Québec en vélo. C'est d'ailleurs la plus grande piste cyclable en Amérique du Nord. Elle a remporté plusieurs prix. Cette route est magnifique. Elle traverse la nature, des éléments extraordinaires à photographier et à admirer. Elle nous permet des randonnées dans un paysage à couper le souffle.

randonneevelo5Chaque fois que j'emprunte cette route, je rêvasse un peu. Je rêve de voyages en vélo, avec mon Doux et mon Gustave. De vacances sur la route, à camper et rencontrer des gens. Des vacances humaines, différentes. On en parle souvent et on les projette, pour quand on le pourra.

En attendant, je poursuis ma route. Gustave est la plupart du temps très sage. Entre les arbres de la route verte, je vois une ferme. Un peu de soleil dessine des ombres sur le sol. Il est temps de s'arrêter boire un peu d'eau. Je sors Gustave, je lui sers un bol d'eau fraîche et une bouteille pour moi. Il en profite pour se dégourdir les jambes, découvrir son nouvel environnement. Après un petit moment, je lui dis que c'est l'heure de repartir. Il remonte dans sa remorque et nous reprenons notre trajet.

randonneevelo9Au prochain tronçon de route, nous quittons la route verte pour revenir vers la maison. Nous effectuons en quelque sorte un très grand rectangle autour de notre maison. La promenade nous mène environ deux ou trois heures sur la route. À chaque promenade, je change de trajet, pour nous permette de voir du paysage et de varier le plaisir. Cette fois, nous revenons vers notre forêt et c'est le moment de descendre une grosse côte. Je dois mettre les freins de peur de déraper dans la roche. Une voiture nous dépasse, à petite vitesse, pour éviter de nous empoussiérer. J'apprécie le geste. Le paysage, tout au loin, est splendide. Je m'arrête tant bien que mal pour prendre des photos. La route, la voiture, les montagnes au loin et la forêt. Une merveille pour les sens. Au bas de la côte, à mon passage, j'aperçois, à deux mètres de moi, un grand héron prendre son envol. Il était majestueux. Magnifique. Merveilleux. La nature est quelque chose de magique. D'incompréhensible. Elle offre des moments de beauté inégalée.

Au bout de la côte, nous empruntons une petite route de terre qui nous mènera à la maison. Le soleil est encore plus chaud ou c'est moi qui est peut-être plus fatiguée. La randonnée s'achève. Nous rentrons. Le corps fatigué. Les yeux remplis de belles choses...

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14 avril 2009

Devenir ce que l'on est...

devenirJ'ai lu une phrase, quelque part, qui disait que l'on devient rarement ce que l'on croyait devenir étant plus jeune. Rares sont ceux qui choisissent une voie et la suivent sans défaillir. Les temps changent. Les goûts changent. Et l'on change soi-même.

Plus jeune, je voulais devenir océanographe. L'étude des fonds marins, des animaux marins, de la mer, me plaisait beaucoup. J'ai le souvenir de nombre de croquis et de lectures faites autour du thème marin. J'étais alors trop petite pour connaître un mot si savant et les adultes à qui j'en parlais ne savais pas ce que c'était réellement.

Ensuite, j'ai toujours su, ou cru savoir, que j'écrirais. J'ai étudié dans ce sens. Les livres me plaisaient. Confiante, lorsque vint le temps de faire un choix pour des études supérieures, j'ai rencontré l'orienteur. Un vieil homme avec des lunettes cerclées d'argent, qui me regardait toujours en souriant. J'allais le voir parce que c'était obligatoire. J'étais persuadée que je savais ce que je ferais. Quand on a quinze ans, on pense toujours que l'on sait tout et que les autres n'ont rien à nous apprendre. Encore moins un quelconque orienteur.

On a eu quelques rencontres pendant lesquelles on a discuté, ou plutôt pendant lesquelles moi j'ai parlé alors qu'il se contentait de prendre des notes. Il m'a aussi fait passer des tests et une semaine plus tard je le rencontrais à nouveau pour avoir les résultats et fixer mon choix.

"Les résultats démontrent que vous avez trois profils qui se démarquent des autres. Vous aimez vous occuper des gens, des animaux. Prendre soin de quelque chose. Ensuite, vous avez un profil artistique très fort. Photographie, arts, dessins, écriture. Mais votre profil qui ressort le plus et se démarque de tous les autres, est celui du travail de la terre."

"Pardon?"

"Vous devriez être fermière. Vous réussiriez sûrement très bien dans ce domaine."

Fermière. Annoncer à une adolescente de quinze ans, qui vit depuis toujours en ville et qui ne jure que par elle (puisqu'elle ne connaît rien d'autre) qu'elle ferait une bonne fermière est déstabilisant. Je me voyais traire les vaches en salopette, chemise à careaux, cheveux tressés sous un chapeau de paille. J'ai eu un frisson d'horreur. Je me souviens être sortie du bureau de l'orienteur en colère. Comment un vieil homme qui pourrait être mon grand-père savait mieux que moi-même ce que je pourrais choisir comme métier d'avenir?

J'ai choisis les lettres, convaincue de lui faire un pied de nez et de défier le sort absurde que me réservait la vie. J'aimais les livres, les écrivains, l'écriture. Mais j'ai profondément détesté mes études, le cadre rigide de l'école ne me convenait pas. Rester assise à un bureau pendant des heures ne me convenait pas. Avoir l'impression de vivre en marge de ce qui était vraiment important ne me convenait pas. Après avoir tâté le milieu de l'édition, j'ai su que ce n'était pas moi. Après avoir abandonné puis tourné en rond quelques années, je me suis rendue à l'évidence: le vieux grand-père ne s'était pas trompé...

Rien ne me fait plus plaisir que de passer une journée, les mains dans la terre. Rien ne me comble plus que de m'occuper de mes animaux, de mon jardin, de mes plantes. Il y a les livres, il y a le travail avec les gens, à la bibliothèque, qui comble cette passion pour les mots. Il y a aussi le reste. La vie, la terre. Ma vie.

Comme quoi, l'on ne devient pas toujours ce que l'on croyait devenir...

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06 avril 2009

Parce que les rêves...

CouleursdeFermeCe blogue existait déjà depuis quelques années. Il est comme une étape dans ma vie. J'avais envie de faire le ménage ici, comme on fait le grand ménage du printemps. C'est de saison. Parce que j'ai vraiment envie de faire autre chose, d'épurer un peu ce site trop engorgé, j'ai supprimé toutes les archives. Pour faire de la place dans sa tête, il faut en faire dans toutes nos sphères d'activités.

Pour ceux qui arriveraient ici par hasard et ne sauraient rien de nous, je vous raconte rapidement notre petite aventure.

J'ai vécu 24 ans à Montréal, en ayant toujours cru que j'étais une "fille de la ville". Le métro, les grandes foules. Je n'avais pas de voiture. Je ne sortais pas de ma ville de béton. Jusqu'à ce que je sois en contact avec la campagne à cause de mon amoureux... Le coup de foudre. Les moments passés là-bas étaient comme une seconde peau, l'impression de revivre, d'être véritablement à ma place. Le retour à la ville à la fin des week-ends était d'autant plus pénible à supporter. L'impression d'étouffer, entourer de trop de monde, trop de voiture, trop de béton, trop de tout. Et pas assez. Pas assez de verdure. Pas assez d'étoiles. Pas assez de silence. Pas assez de tout ce que j'apprivoisais et apprenais à aimer.

Le projet s'est imposé de lui même: quitter la ville pour s'installer à la campagne. Trouver une fermette qu'on pourrait s'offrir. Beaucoup de terrain. Et s'exiler. Ce qu'on a fait, à force de travail et d'acharnement. Lorsque nous avons remis les clés d'un minuscule 4 1/2 au propriétaire et que nous avons pris la route pour notre "coin perdu", j'ai sentis que c'était ça, la vraie vie.

Nous avons acheté une petite maison en construction et deux terrains. Le travail à y faire était gigantesque. Nous avons travaillé d'arrache-pied pour arriver à quelque chose. Aujourd'hui, la maison est habitable et plutôt jolie, avec ses grandes fenêtres qui donnent sur la forêt. Nous n'avons pas de voisin. Ils sont loin. Et on souhaite construire une fermette pour élever des animaux. Nous avons fait notre petite place dans notre village et y avons construit notre vie. J'ai trouvé un travail que j'adore, à temps partiel, dans une bibliothèque voisine. Nous avions comme devise de ne plus vivre comme à Montréal et de se garder du temps. Nous ne sommes pas riches d'argent, mais nous avons du temps. Une denrée rare et précieuse au XXIe siècle.

Puis, en début d'année, avec la crise économique, nous avons perdu notre source principale de revenus. Plus de travail pour Lui et une région économiquement difficile. Il n'y a pas de travail, les compagnies ferment les unes après les autres. Pour un poste affiché, il y a quantité de postulants. Nous nous sommes arrachés les cheveux à trouver des solutions. Les problèmes nous sont tombés dessus à répétition depuis le début et comme on pensait s'en sortir, les choses allaient de mal en pis. Heureusement, nous sommes bien entourés et nos familles nous ont grandement aidées. Au début, on s'est demandé ce qui arriverait de nous. Mais se rendre malade à trop s'inquiéter n'aide pas à régler les choses. Comme on n'y peut rien, on apprend à vivre avec ce qu'on ne peut pas changer et on travaille fort pour améliorer les choses.

Aujourd'hui, je ne crois pas que nous perdions la maison, même si pour l'instant, les choses ne sont pas réglées. L'arrivée du printemps nous laisse espérer le meilleur pour la suite. La vie réserve de bien belles surprises. Nous y croyons très fort. Le meilleur est donc à venir.

Ce "nouveau" blogue est donc mon petit lieu d'espoir. Parce que je crois toujours à la construction de ma fermette, quand notre situation sera plus facile. Parce que je crois que les rêves sont là pour être réalisés et que si on s'en donne vraiment la peine, un beau jour on les voit se concrétiser...

Posté par Allie à 10:17 - Commentaires [28] - Permalien [#]
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