30 avril 2009
Les mains dans la terre
Jardiner. Une activité que j'ai découvert en m'installant ici. Le plaisir de voir ses efforts offrir les plants les plus beaux. Les vivaces qui reviennent années après années. Si on les choisis avec soin, elles attirent les papillons et les oiseaux.
Le jardin qui lui nous offre des légumes débordant de saveur, au goût qui ne ressemble en rien à ce qui provient de l'épicerie. Il faut pouvoir littéralement aller cueillir ses légumes du souper quelques minutes avant de manger pour constater qu'il est difficile d'avoir plus frais. Et c'est encore meilleur puisqu'on y a travaillé.
Ce que j'aime par-dessus tout dans le jardinage, c'est d'avoir les mains dans la terre. De sentir que tout provient de là, sous nos pieds. J'aime manier les outils, l'odeur des herbes, des plants. La température et le ciel qui changent autour de nous, au fil du temps qui passe...
J'aime jardiner à deux, avec mon amoureux. Ce sont des moments privilégiés où l'on entend l'autre travailler de son côté et où l'on ne parle pas. On entend les feuilles bruisser dans les arbres. On entend le vent qui siffle. Les oiseaux qui bougent, près des mangeoires. On entend le chien qui joue dans l'herbe avec un quelconque bout de bois. De temps en temps, on échange quelques mots. Une impression. Une idée. Et le silence revient. Doux, apaisant. On replonge doucement dans nos pensées et nos mains, elles, dans la terre.
Après une journée dehors, on rentre à la maison, le coeur et le corps plein de soleil, les muscles endoloris, fatigués, mais d'une bonne fatigue. De celle qui ressource et donne de l'énergie pour le reste de la semaine...
28 avril 2009
Il était une fois Homer...
En général je trouve les animaux moins compliqués que les humains. Ils sont fidèles si on s'occupe d'eux. Ils nous aiment d'un amour inconditionnel, sans égart pour notre apparence physique, nos capacités, nos talents ou nos faiblesses. Ils ne nous jalousent pas, ne lorgnent pas nos avoirs, ne nous blessent pas hypocritement. Choses que beaucoup d'humains font sans vergogne. Donc, j'adore en général les animaux. Leur monde me fascine et on a beaucoup à apprendre d'eux.
Homer partage notre vie depuis 4 ans et demi. C'est un petit chien adorable, dont je suis absolument gaga. Il a son propre blogue. Pas la peine de me dire que c'est ridicule, on me l'a déjà dit. Mais ça ne me dérange pas. J'ai passé - et je passe toujours - tellement de temps avec ce chien-là que pour moi, il est un membre à part entière de la famille. Je partage de longues promenades avec lui. Des jeux de toutes sortes. Et ma collation de l'après-midi.
Nous vivons en retrait et avec un chien comme Homer, je me suis toujours sentie en sécurité. Il nous adore et nous le lui rendons bien. Je sais qu'il sera là s'il y a quoique ce soit. Lorsque mon amoureux rentrait tard du travail ou était coincé dans une tempête de neige, c'est Homer qui me tenait compagnie et faisait les cent pas devant la porte, pour me montrer que lui aussi, attendait... Quand je suis triste, il vient vers moi et colle sa tête contre la mienne, en plaçant ses pattes de chaque côté. Homer, c'est un petit bouffon qui pourrait marcher sur la queue pour me faire rire. Il aime jouer et s'amuser. Il est toujours trop content de nous voir et nous accueille comme si c'était le dernier jour de sa vie. Tout petit, on lui a toujours énormément parlé. Il comprend une foule de mots et d'expression qu'il en est surprenant. Il a des réactions et des mimiques très humaines et parfois, je décèle dans son regard, son air, une lueur de compréhension sur le monde, qui m'échappe...
"Si les animaux n'existaient pas, ne serions nous pas encore plus incompréhensibles à nous-mêmes?"
[Georges-Louis Leclerc]
Cette photo est l'une de mes préférées... :) Et je dédie ce petit interlude animal à tous les autres gaga de bêtes à poil, à plume, à écailles, etc.
26 avril 2009
Les travaux
Ce que je me plaît à nommer "les travaux", ce sont toutes sortes de choses qu'il y a à faire ici, dedans comme dehors. Quand nous avons acheté la maison, nous avons repris une construction... toujours en construction. Rien n'était fait à l'intérieur. Que la structure extérieure. Il fallait rendre la maison habitable le plus vite possible avant l'hiver. Certaines choses ont été faites rapidement, en attendant, alors que d'autres sont tout à fait à notre goût. La maison nous offre un havre de paix, un endroit rempli de lumière été comme hiver, avec ses nombreuses fenêtres, et une vue imprenable sur la vie, à l'extérieur.
Il y a aussi les travaux extérieurs. Le terrain, ou plutôt, les terrains que nous avions achetés pour une bouchée de pain, ne nous ont pas été offert clé en main. De toute façon, je n'en voyais pas l'intérêt. Clé en main c'est beaucoup trop cher pour nous et en plus, ça ne nous permet de rien faire du tout. J'aime créer, travailler, améliorer les choses en le faisant moi-même. Il y a toute la fierté d'y réussir et les projets intéressants à devoir développer. Le premier terrain, où il y a aussi la maison, était envahit par les branchages à moitiés morts à l'arrière. Partout, il n'y avait aucun arbre, pas un coin d'ombre. Aucun aménagement, les marches menant à l'entrée étaient enfouie dans la boue. Il n'y avait pas de fleurs, des roches partout sur une pelouse qui ne poussait qu'à moitié. Le reste ne semblait être que de la terre de remplissage... de la roche, du sable, de la roche...
Nous nous sommes retroussés les manches et nous avons semé, planté, nettoyé, clairsemé, coupé... Aujourd'hui la pelouse pousse partout. De belles plate-bandes de fleurs ornent le devant de la maison. Les branchages ont été enlevés et la terre ratissée et dans quelques années, nous pourront y installer nos poules et nos autres petits animaux. Dans quelques années, nous auront des arbres magnifiques pour nous donner un peu d'ombre et de répit dans les chaudes journées d'été...
Le second terrain en est un de bois, certains arbres sont en santé et plein de vigueur, d'autres sont morts. Le bois mort attire les pic-bois et d'autres oiseaux. Nous leur laissons. Pour le moment, nous avons un chemin qui serpente et nous permet de nous promener. C'est suffisant. On ne peut pas tout faire en même temps. Mais les projets ne manquent pas. J'imagine même un petit étang, où viendraient batifoler quelques grands hérons...
Notre terrain qui semblait si difficile à dompter regorge cependant de toutes sortes de ressources. Les anciens débris de l'autre occupant (qui prenait son terrain pour une poubelle à ciel ouvert) nous ont servis pour toutes sortes de choses, dont entre autres, la construction d'une grande aire de mangeoires pour les oiseaux, l'installation de dalles anciennes et de petites marches autour des plate-bandes, etc. Notre parcelle de forêt regorge de pierres des champs empilées les unes sur les autres, pierres qui devaient se trouver dans la terre, lors de la construction de la maison. Nous les utilisons pour toutes sortes de choses. Délavées par la pluie et polies par le soleil, elles sont si belles et donnent un petit côté ancien qui ne me déplaît pas du tout!
Et maintenant, il y a tout le reste. Les travaux. Les travaux dehors. Les rénovations possibles à l'intérieur. Les changements. Les petites idées, qui deviennent tout à coup de grandes choses. La récupération, qui permet d'économiser et d'offrir une second vie à des objets qui termineraient dans les décharges. Ce petit puit que l'on veut décorer et aménager pour recevoir des corbeilles de fleurs. Ces pierres des champs qui feront un joli muret de chaque côté de nos deux entrées. Ces vieilles lampes solaires qui ne fonctionnent plus qui trouveront une seconde vie en porte-fleurs et remplaceront les petits poteaux qui délimitaient le jardin tout en l'agrémentant de jolies couleurs...
Il y a toujours tant à faire ici! Je crois que les anciens occupants n'en reviendraient pas de voir ce que l'on fait de leur ancienne maison...
24 avril 2009
Le pouvoir des livres

Les livres ont ceci de magique qu'ils nous transportent. Voyage à travers le temps, voyage dans tous les pays du monde, voyage parmi les gens, les choses, les paysages. Pour quelques dollars (ou une carte de bibliothèque) on peut à loisir changer de temps, de lieux, de siècle, aussi vite qu'il nous est possible de lire un livre. On peut emprunter la peau de toutes sortes de personnages, vivre des émotions qui vont du rire aux larmes, affronter des tempêtes de neige en plein été, résoudre des crimes, voyager de planètes en planètes et vivre, l'espace d'un moment, d'autres vies que la nôtre. Lire, c'est avoir le loisir d'aller voir ailleurs pendant quelques heures. On peut aussi parfois retrouver dans une lecture, le miroir de ce que nous sommes, la confirmation d'un questionnement, la force de changer. Les mots, les livres, ont un très grand pouvoir sur le lecteur. Ils nous façonnent en tant que personne et influencent nos prochaines lectures.
Il y a aussi des livres, qui pour une raison ou une autre, laissent une empreinte, une marque. Des livres vers qui on revient spontanément. Des livres qui nous ont touchés et qu'on n'ose même pas relire par peur d'être déçu, si la magie n'opérait pas de nouveau. Des livres dont le message ne nous quitte plus.
Je lis beaucoup, depuis toujours. Je suis une boulimique des livres. Je n'en ai jamais assez. J'ai lu quantité de très très bons livres, des romans, des bd, des essais, des livres jeunesse, des albums, qui ont été de grands coups de coeur. Il y a ceux aussi que je n'ai pu terminé. Ceux qui m'ont laissé un goût amer. Une déception. Mais il y a aussi, et surtout, ceux qui sont marquants. Qui restent en tête. Qui ne me quitte plus. Ceux auxquels je reviens. Ceux que je ne veux pas oublier. Ceux que je dois posséder.
Il y a Jane Austen que je reviens visiter à intervalles réguliers. Parce que c'est Austen, simplement. Parce qu'elle me transporte et me fascine. J'ai lu et relu Mansfield Park. J'aime ce livre. Pourquoi? Je ne le sais pas. C'est souvent le mal aimé chez Austen. Mais moi, il me parle ce roman. Et surtout, Austen me fait voyager.
Il y a Jacques Poulin chez qui je reviens aussi régulièrement. Chaque parution est une fête. Il utilise les mots d'une façon incroyable. Ses romans sont douceur, amour et livres. Toujours. Avec Poulin je ne me trompe pas. Il vient me toucher au fond du coeur. J'ouvre ses livres comme je retrouverais un ami très cher. Mon préféré reste à ce jour La tournée d'automne. Je ne peux qu'être séduite par une histoire de bibliobus. Et chez Poulin, j'aime le personnage qu'il représente. Si simple. À l'écart d'un monde médiatisé. Je me retrouve, chez lui.
Il y a aussi un livre, Le liseur, qui m'a profondément marquée. Depuis, je n'ose plus lire autre chose de Bernhard Schlink de peur d'être déçue. Je touche souvent la tranche de mon exemplaire de ce roman en me disant qu'il faut que je le relise. Des souvenirs de ma lecture me reviennent en tête. C'est un grand roman. Son propos, la responsabilité des actes passés, même par d'autres, me trotte souvent dans la tête...
Il y a d'autres cavaliers seuls, comme celui-là. Des souris et des hommes de Steinbeck en est un. C'est le seul livre qui m'ait fait tant pleurer. Je me suis effondrée littéralement en larmes en tournant la dernière page. Qu'aurais-je fais à la place de George? Son geste est si triste, si horrible, mais le contraire l'est aussi... C'est une amitié plus grande que tout... et c'est profondément troublant. J'en parle et j'ai le coeur gros... Je n'ai jamais pu me résoudre à regarder les films qui en ont été adaptés.
Le voyage d'Anne Blume de Paul Auster est sensiblement dans la même veine. Un autre que je n'ose pas relire, de peur... de quoi? De la déception? De ne plus retrouver les sentiments qui m'avaient animés à l'époque?
J'ai lu et relu des dizaine de fois la correspondance d'Helene Hanff avec son bon ami libraire. J'en ai rêvé d'un libraire si gentil, si avenant et d'échanges littéraires si captivants.
Mais mon livre. Celui qui détrône tout dans mon coeur à moi, c'est un petit livre sans prétention qui est arrivé dans ma vie à un moment où je n'étais qu'incertitudes. Changer de vie demande du temps. Puis, viens un moment où les autres nous font douter. Est-ce le bon choix? Est-ce ce que je souhaite vraiment? Est-ce que je ne le regretterai pas? Une année à la campagne de Sue Hubbell a répondu à toutes mes questions. A renforcé la conviction que j'avais fait les bons choix. Que oui, la vie pouvait être autre chose que ce que j'avais connu jusqu'à maintenant. Comme le parcours d'Hubbell ressemble un peu au mien, je me suis retrouvée chez elle, dans sa petite ferme d'abeilles, avec ses chiens et sa description de la nature qui l'entoure. Ce livre, même si ce n'est qu'un vulgaire livre de poche, ne me quitte plus. Je ne le prêterai jamais. Je ne m'en déferai jamais. J'y suis attachée. Et parfois je passe devant, dans la bibliothèque, je l'ouvre, je lis quelques lignes au hasard. Je le repose.
Jusqu'à la prochaine relecture.
22 avril 2009
Semaine de pluie
Cette semaine est définitivement humide. Il pleut, il fait gris. Le ciel déborde de gros nuages gris, qui laissent parfois apercevoir un petit bout de ciel bleu. Pas pour longtemps. Après la pluie de ce matin, les oiseaux ont envahis les mangeoires. Homer s'ennuie. S'il pourrait s'asseoir en permanence sur mes pieds, il le ferait. Après la pluie, je l'ai amené dehors. Les rangs et les sentiers en forêt sont boueux, remplis de trous d'eau qui en bloquent l'accès. Pas question d'y aller, à moins d'aimer rentrer à la maison de la boue jusqu'aux cuisses. Déjà, juste aller chercher le courrier de l'autre côté du chemin nous oblige à sautiller entre les flaques d'eau...
Nous avons donc fait une petite promenade derrière la maison, à l'entrée du boisé là où l'eau ne s'accumule pas vraiment. J'ai contourné notre banc d'été, rêveuse, en imaginant toutes les belles lectures au soleil qui s'en viennent. Ce n'est pas encore l'été, loin de là, même si les températures du week-end sont clairement optimistes: des 20, 26 degrés. Incroyable. De quoi évaporer toute l'eau qui empêche les longues promenades en forêt et permettre des travaux à l'extérieur!
En attendant, les paysages gris ont aussi leur charme... Ils permettent de faire de jolies photos et de rêver, un peu, à ce que l'on fera à l'extérieur quand le temps le permettra.
20 avril 2009
Je voudrais revoir la mer...
Je ne suis pas une grande voyageuse. J'aime rester "chez moi", les pieds bien au sol. Aller voir ailleurs ne me manque pas, ne me tente pas vraiment. Le seul endroit hors Québec qui me fasse de l'oeil ce sont les étendues enneigées de l'Alaska. À cause de sa faune, de son histoire, de sa nature, du froid. J'aime les paysages bruts. J'aime le camping sauvage. Les bestioles. Les endroits non civilisés. L'impression d'être seule au monde quelque part. C'est en accord avec ma nature "sauvage" qui vit sans voisin et qui trouve encore qu'elle ne vit pas suffisamment retirée. Je suis donc une très grande amatrice des voyages au Québec. Nous avons des régions époustouflantes, un patrimoine historique et culturel magnifique. Et j'aime le découvrir.
Aujourd'hui, j'ai ouvert le grand coffre au pied du lit. Il recèle toutes sortes de choses qui sont magiques pour moi. C'est un coffre qui a une valeur sentimentale très forte, puisqu'il m'a été offert par celui qui partage ma vie depuis des années déjà. Il représente un bateau, peint sur du cuir. J'y cache mes petits trésors. Mes souvenirs. Et une couverture chaude pour l'hiver. En l'ouvrant, je suis tombée sur un sachet contenant des petits cailloux polis par la mer et des coquillages. Des billets d'entrée pour des musées. Des cartes postales colorées. Une carte routière. La mer. Des phares. Et un journal de voyage. Je ne me souvenais pas avoir écrit ce journal. En tombant dessus, tous les souvenirs d'un voyage merveilleux me sont revenus en mémoire.
La Gaspésie, il y a quelques années. Les panoramas à couper de souffle, avec la mer tout proche qui soufflait ses relents d'eau salée. De l'autre côté, c'est l'Europe. Et c'est étrange de se savoir à la pointe de notre monde. De l'autre côté de la mer, très loin, il y a une autre terre, différente, qui commence.
Des phares, majestueux, qu'on peut visiter et se faire raconter. Des histoires de marins. Des reliques d'un temps passé. Merveilleux phares qui forment même une route qu'on peut explorer. Pour une nuit, on peut devenir nous aussi gardiens de phare et vivre parmis les fantômes du passé. On sent presque le poisson qui cuit et les odeurs de graisse qui alimentait le vieux fanal.
La région gaspésienne regorge d'histoire, de choses à apprendre, à connaître, à visiter. Si les temps n'étaient pas si difficiles, c'est une région où j'envisagerais d'habiter. Parce qu'elle me parle profondément. Et parce qu'il y a la mer...
La mer. Le mer qui est partout. Qui enveloppe tout. La vie au bord de l'eau. Les promenades sur la grève. La tente tout près de la mer. Le matin, au réveil, le soleil qui sort doucement de l'eau, au loin, vaut tout l'or du monde. Un paysage qui me reste encore en tête et que je souhaite revoir un jour...
17 avril 2009
Nuage d'oies
Cette période de l'année apporte avec elle des milliers d'oies qui font une halte au Québec avant de partir nicher plus au nord. Le spectacle est absolument remarquable. Près de la maison, dans le fin fond de la forêt, il y a un marais où viennent se reposer certaines d'entre elles. Pendant plusieurs jours, on les entends cancanner l'après-midi. Je n'ose pas aller les voir, de peur de les déranger. Je ne voudrais pas les faire fuir. Les entendre me rappelle que nous sommes à la saison des oies et qu'il faut profiter de leur visite car après, elles ne reviennent qu'à l'automne.
À Pâques, nous sommes allés en visite dans nos familles. Le soir, lorsque le soleil se tourne vers le lac et s'incline, le ciel devient brillant, orangé, magique. Et les oies continuent d'affluer dans les champs inondés. Elles me survolent, alors qu'armée de mon appareil photo je tente d'en capter quelques unes au passage.
C'est dans ces moments magiques que nous offrent la nature qu'on se dit que le monde est bien vaste, bien fragile et surtout, que nous n'en connaissons bien qu'une infime partie...
14 avril 2009
Devenir ce que l'on est...
J'ai lu une phrase, quelque part, qui disait que l'on devient rarement ce que l'on croyait devenir étant plus jeune. Rares sont ceux qui choisissent une voie et la suivent sans défaillir. Les temps changent. Les goûts changent. Et l'on change soi-même.
Plus jeune, je voulais devenir océanographe. L'étude des fonds marins, des animaux marins, de la mer, me plaisait beaucoup. J'ai le souvenir de nombre de croquis et de lectures faites autour du thème marin. J'étais alors trop petite pour connaître un mot si savant et les adultes à qui j'en parlais ne savais pas ce que c'était réellement.
Ensuite, j'ai toujours su, ou cru savoir, que j'écrirais. J'ai étudié dans ce sens. Les livres me plaisaient. Confiante, lorsque vint le temps de faire un choix pour des études supérieures, j'ai rencontré l'orienteur. Un vieil homme avec des lunettes cerclées d'argent, qui me regardait toujours en souriant. J'allais le voir parce que c'était obligatoire. J'étais persuadée que je savais ce que je ferais. Quand on a quinze ans, on pense toujours que l'on sait tout et que les autres n'ont rien à nous apprendre. Encore moins un quelconque orienteur.
On a eu quelques rencontres pendant lesquelles on a discuté, ou plutôt pendant lesquelles moi j'ai parlé alors qu'il se contentait de prendre des notes. Il m'a aussi fait passer des tests et une semaine plus tard je le rencontrais à nouveau pour avoir les résultats et fixer mon choix.
"Les résultats démontrent que vous avez trois profils qui se démarquent des autres. Vous aimez vous occuper des gens, des animaux. Prendre soin de quelque chose. Ensuite, vous avez un profil artistique très fort. Photographie, arts, dessins, écriture. Mais votre profil qui ressort le plus et se démarque de tous les autres, est celui du travail de la terre."
"Pardon?"
"Vous devriez être fermière. Vous réussiriez sûrement très bien dans ce domaine."
Fermière. Annoncer à une adolescente de quinze ans, qui vit depuis toujours en ville et qui ne jure que par elle (puisqu'elle ne connaît rien d'autre) qu'elle ferait une bonne fermière est déstabilisant. Je me voyais traire les vaches en salopette, chemise à careaux, cheveux tressés sous un chapeau de paille. J'ai eu un frisson d'horreur. Je me souviens être sortie du bureau de l'orienteur en colère. Comment un vieil homme qui pourrait être mon grand-père savait mieux que moi-même ce que je pourrais choisir comme métier d'avenir?
J'ai choisis les lettres, convaincue de lui faire un pied de nez et de défier le sort absurde que me réservait la vie. J'aimais les livres, les écrivains, l'écriture. Mais j'ai profondément détesté mes études, le cadre rigide de l'école ne me convenait pas. Rester assise à un bureau pendant des heures ne me convenait pas. Avoir l'impression de vivre en marge de ce qui était vraiment important ne me convenait pas. Après avoir tâté le milieu de l'édition, j'ai su que ce n'était pas moi. Après avoir abandonné puis tourné en rond quelques années, je me suis rendue à l'évidence: le vieux grand-père ne s'était pas trompé...
Rien ne me fait plus plaisir que de passer une journée, les mains dans la terre. Rien ne me comble plus que de m'occuper de mes animaux, de mon jardin, de mes plantes. Il y a les livres, il y a le travail avec les gens, à la bibliothèque, qui comble cette passion pour les mots. Il y a aussi le reste. La vie, la terre. Ma vie.
Comme quoi, l'on ne devient pas toujours ce que l'on croyait devenir...
12 avril 2009
Mon grand-père était magicien...
Je n'ai pas vraiment connu mon grand-père. Il est décédé quand j'étais petite. Je n'en garde aucun souvenir, sauf ceux que la famille a partagé avec moi. Mais aussi, un portrait, en noir et blanc, d'un homme avec une cape, un haut de forme et des gants. Mon grand-père était magicien.
J'étais beaucoup trop petite pour me souvenir de quoique ce soit le concernant. Quand il est décédé, un de mes oncle, qui aimait beaucoup le spectacle, a prit la relève de grand-père. Il a à nouveau enfilé la cape pour reproduire ce que son père faisait. J'ai des souvenirs merveilleux de petites salles ou de grandes pièces enfumées pendant les réveillons où parents et enfants étaient regroupés pour voir la magie se créer de toutes pièces. J'ai des souvenirs d'apparitions et de disparitions de cartes, de dés, de pots qui contenaient et versaient à l'infini du vin ou du lait, de foulards qui apparaissaient comme par magie et de plats de sucre et de morceux de papiers déchirés qu'on brûlaient et qui, une fois qu'on soulevait le couvercle une deuxième fois, devenaient comme par magie des bonbons enveloppés de papiers multicolores... J'ai des souvenirs de petits et de grands émerveillés.
Ébahie, les yeux comme des billes, ravie, j'ai longtemps tenté de comprendre ce qui se passait devant moi. Comment quelqu'un que je connaissais bien pouvait devenir à ce point magicien, faire apparaître et disparaître des choses, dès qu'il enfilait un chapeau et une cape?
Quand mon oncle est décédé à son tour, ses affaires de magie ont été éparpillées un peu partout. Traînant au fond des greniers et des caves, les affaires de mon grand-père puis de mon oncle ont finallement trouvées refuge chez mes parents. Et c'est avec joie que mon père nous a montré, à mon frère et moi, la pile de boîtes et de malles au fond de la pièce.
Nous avons déplacé la malle la plus grosse pour que tout le monde puisse la voir. Les charnière craquent. Le cuir est fané. Et il y a une ancienne adresse de mon grand-père collée dessus. En ouvrant le couvercle, la célèbre photo en costume de magicien nous salue. Des petites boîtes en tout genre, jaunies par le temps et fermées par de vieilles cordes, n'attendent que notre curiosité. Que se cache-t-il dans celle-ci? Et celle-là? Tranquillement, mon père déballe une à une les affaires de son père. Il nous a attendu avant de tout ouvrir, pour qu'on puisse profiter des découvertes en même temps que lui et entendre raconter toutes les histoires qui se cachent derrière ces années de magie. Je sens mon père curieux et ému à la fois. Nous le sommes tous, je crois.
En ouvrant une boîte, mon père en sort un réceptacle rond, à triple fond. Il est encore un peu collant sous la main.
"Mais c'est le plat qui faisait apparaître des bonbons!" s'exclament-on en même temps, mon frère et moi.
On sourit. Et mon père entreprend à nouveau de nous raconter les belles histoires de magie de mon grand-père...
10 avril 2009
Joyeuses Pâques!
Pâques est bientôt là. Au delà de la fête religieuse qu'elle représente, c'est aussi pour moi l'arrivée officielle du printemps. Après Pâques générallement on peut espérer des températures plus clémentes et commencer à rêvasser à ce que sera notre printemps, notre été...
Les premiers travaux à l'extérieur ont déjà commencés. On réfléchit à ce qui occupera les prochains semaines de beau temps.
Profitez bien de cette longue fin de semaine!





