03 juillet 2009
Temps gris
Le temps gris des derniers jours rend les gens moroses. Alors qu'à moi, il me donne du répit. J'apprécie ces jours de pluie qui nous arrivent. Sortir avec mon imperméable rouge, tache de couleur presque trop joyeuse pour un temps si gris. Les fleurs et les plantes sont plus vertes que jamais. Les plates-bandes s'épanouissent. Lorsqu'une éclaircie pointe dans le ciel, j'en profite pour amener Gustave en promenade. Lui qui ne voulait pas qu'on le sorte en laisse au début et qui refusait d'avancer, accueille maintenant le mot "promenade" en frétillant la queue. J'ai travaillé fort avec lui pour lui faire apprécier et modifier les points plus difficiles pour lui. Sur notre terrain, par contre, qui est assez vaste pour contenir toutes ses cabrioles, il est bien sûr libre de faire ce qu'il veut et d'aller où ça lui plaît. Il ne s'en prive pas.
On parle de pluie, d'averse, d'orage pour les prochains jours, jusqu'à au moins le milieu de la semaine prochaine, si les choses ne changent pas. Les rangs sont boueux, on ne sort que très peu sur le terrain. Par contre, on joue, Gustave et moi, à la balle dans le grand salon. Quand il est bien épuisé, comme maintenant, et qu'il s'effondre sur le plancher pour dormir tout son soûl, j'en profite pour lire. Ces piles de livres fabuleux qui m'attendent, ceux que j'intercale entre mes propres livres et que je commande dans d'autres bibliothèques. Des petites trouvailles que j'avais oublier. Des livres d'été. D'autres d'histoires. Et il y a tous ces projets sur lesquels je travaille à la bibliothèque. Après cinq jours de congé, je suis heureuse de retrouver les filles. Leur sourire. Leur bonne humeur. Les rires. Les lecteurs. Les livres...
29 juin 2009
Une page d'histoire
L'histoire en général m'a toujours attirée. Plus jeune, c'était une des matières (avec le français et les arts) que j'appréciais le plus. À l'adolescence, je me suis tournée vers l'ailleurs. Notre histoire à nous ne m'intéressait plus beaucoup. J'avais envie de découvrir d'autres cultures, d'autres endroits. J'avais l'impression qu'on se complaisait dans les erreurs et les injustices du passé alors que je croyais que c'était beaucoup plus vert chez le voisin.
Depuis quelques années, je reviens vers nous, notre culture, notre passé. Ce que nos ancêtres ont vécus m'intéresse beaucoup plus que ce qui se passe ailleurs. J'ai été voir ailleurs, j'ai été un peu déçue, je reviens chez nous et ce que j'y découvre me fascine. Il me semble que je n'aurais pas suffisamment d'une vie pour tout découvrir, tout voir, tout lire, tout visiter, tout visionner ce qui m'intéresse.
Je ne voyage pas beaucoup. Quand je voyage, j'opte pour le Québec. Je n'ai aucune envie d'aller ailleurs. J'ai le sentiment d'avoir trop de choses à découvrir ici. J'aime le tourisme agro-alimentaire, les escapades dans la nature (camping, randonnée) mais je me passionne surtout pour le tourisme historique. Je pourrais visiter tous les sites historiques, les maisons préservées, les musées rendant hommage à tel ou tel personnage. Je suis avide de tout voir, tout découvrir, tout comprendre et vivre un peu, le temps d'une journée, à l'image de ce qu'était la vie de mes ancêtres. Je garde des souvenirs merveilleux de visites au Jardin de Métis d'Elsie Reford et à sa maison qui surplombe le fleuve, au Village québécois d'Antan et au Village de l'héritage britannique en Gaspésie, pour ne nommer que ceux-là.
Ce qui m'intéresse surtout dans l'histoire, c'est d'apprendre la façon dont les gens vivaient. De connaître leur mode de vie, leurs routines quotidiennes, la vie à la ville, à la campagne. De quelle façon se déroulait leur quotidien? Comment se débrouillaient les femmes? Quels choix s'offraient à elles? Et les nouveaux colons? Comment était la vie pour les premiers arrivants? Leurs maisons? Leurs vêtements? La religion qui remplissait et dictait bien souvent leurs vies? Comment voyageaient-ils? Où en était la médecine à cette époque? En histoire, la politique m'intéresse très peu. Ce sont les hommes et les femmes qui ont formés notre contrée qui m'intéressent, avec leurs faiblesses, leurs problèmes, leurs mensonges, leurs bons coups, leurs découvertes.
Je m'intéresse à l'histoire en général, mais certaines parties de l'histoire, qu'elles soient d'ici ou d'ailleurs, m'intéressent plus particulièrement. La Nouvelle-France me passionne. La vie et l'histoire des Filles du Roy me fascine. J'aime lire et en apprendre plus sur le quotidien des premiers arrivants. Le village historique de l'héritage britannique en Gaspésie est génial pour une incursion dans la vie des premiers colons. Apprendre dans les livres comment certains se débrouillaient avec les moyens à leur disposition et le voir réellement sont deux choses bien différentes... J'ai lu tout de même de très bons livres sur la Nouvelle-France et sur les pionniers et je suis toujours à la recherche de livres intéressants sur le sujet, romans, essais ou beaux-livres.

Des Filles du Roy à nos jours, la construction des villes, des villages, le fonctionnement de la communauté et la vie familiale me passionne beaucoup. Je m'intéresse également aux épidémies en général, la peste noire (peste bubonique), la peste blanche (tuberculose) et le choléra. Grosse-Île est une étape importante au pays pour l'histoire de la médecine et de l'épidémie qui y est rattachée. Je souhaite d'ailleurs pouvoir un jour me rendre sur cette île pour y visiter les installations encore debout et effectuer une sorte de pèlerinage jusqu'au mémorial des irlandais, en souvenir de ceux qui ont péris sur l'île et des médecins et travailleurs qui ont tout donner pour tenter de les sauver. La peste en Europe m'intéresse aussi, surtout celle qui ravagea l'Angleterre. Les croyances reliées à la médecine et à la maladie me poussent à lire sur le sujet. Le sanatorium de Waverly Hills m'intéresse et donne même le frisson avec son architecture gothique et toutes les légendes qui y sont reliées. J'ai en horreur la médecin en général et tout ce qui porte une blouse blanche me donne envie de prendre mes jambes à mon coup. Pourtant l'histoire de la médecine me fascine, la façon dont on tentait de comprendre les maladies et les traitements parfois terrifiants qu'on appliquait. Je porte aussi un grand intérêt au nazisme, pas d'un point de vue politique, mais plutôt d'un point de vue humain. Les guerres ne m'intéressent en général pas beaucoup, sauf leur rapport à l'homme. Toujours et encore, la façon de vivre ces événements me donne envie d'en savoir plus. Je n'aime pas les guerres, mais je m'intéresse beaucoup aux déserteurs québécois et canadiens face à la conscription. Les femmes dans l'histoire, leur place, leurs vies et leurs rapports à la famille, à la religion et à la carrière m'intéressent.
Et vous, l'histoire vous intéresse? Quelles partie de l'histoire attirent le plus votre attention? Si vous avez de bons livres en français à me conseiller, sur les sujets plus haut mentionnés je suis preneuse. Que ce soit des romans, des essais, des bandes dessinées, des journaux, des livres historiques, des beaux-livres, peu importe, je m'intéresse à tout et je lis de tout.
Maison de vacances
Il pleut. Il en annonce toute la semaine. La pluie calme les choses. La forêt est silencieuse. Les rares voitures se font encore plus rares. La faune et la flore nous visite quand même. Les oiseaux de toutes sortes, les rongeurs, les bêtes à poil et à plumes envahissent le terrain. Ils en profitent: il n'y a personne. Gustave dort beaucoup, quand il pleut. Ça toujours été le cas pour mes chiens. Leur tempérament suit le rythme de la pluie qui tombe dans les vitres. Quand il fait gris, les journées s'écoulent doucement, lentement, comme le sable d'un sablier. Je m'occupe de la maison. Je fais cuire des biscuits qu'on glissera dans les lunchs de demain. Je fais du thé et je regarde dehors de longs moments, sans bouger. En short, dans une tunique d'été qui laisse passer le vent, j'ai l'impression d'être en vacances. Et pourquoi pas, dans une maison de vacances? Encore une fois, on revient aux quartiers d'été. J'aime cette expression, pleine de raffinement, qui évoque des maisons sur la plage, des grandes fougères se balançant au vent. La pluie, me donne l'impression d'être ailleurs. Entre les livres de toutes sortes qui m'accompagnent le soir et les jours de congé qui me donnent l'illusion de faire comme les estivants d'autrefois, c'est presque le cas...
25 juin 2009
Chaleur...
Depuis deux jours la chaleur est accablante. Près de 36°c avec le facteur humidex. Il fait chaud... Trop chaud pour faire quoique ce soit. Je profite de la chaleur pour terminer le lavage de nos manteaux d'hiver. Trier, ranger et nettoyer des manteaux d'hiver par une aussi grande chaleur a quelque chose de paradoxal. Je serai toutefois bien heureuse de les retrouver propres et gorgés de soleil à l'automne.
À part boire de l'eau en quantité, lire un peu et chercher un coin frais dans la maison, je ne fais pas grand chose. Je supporte si mal la chaleur. Les fins de journées me donnent mal à la tête d'avoir eu trop chaud. L'après-midi, je ferme les rideaux pour garder à l'intérieur un semblant de fraîcheur. On annonce de l'orage pour les jours à venir. Je ne suis pas surprise, avec une telle température. Même le chien traîne sa peau d'une pièce à l'autre et change d'endroit dès que le plancher devient trop chaud...
J'espère que la pluie apportera un peu de fraîcheur... En attendant, je lis des livres qui parlent d'aventures sur les mers, de pirates et d'îles, de vacances et de plages.
On fait ce que l'on peut pour se rafraîchir...
23 juin 2009
Un été prometteur
L'été qui commence est magnifique. Pas trop chaud, mais avec de belles journées ensoleillées qui alternent avec quelques jours de pluie. L'été parfait pour moi qui n'aime pas la chaleur.
Je profite de la matinée pour travailler dehors, au jardin. Les fleurs sont merveilleusement belles. Nos parterres plus jolis que jamais. Et dire que nos projets ne font que commencer! Dans dix ans, on ne reconnaîtra plus le terrain...
L'après-midi avec la chaleur et le soleil éclatant, mes allergies font des siennes. La terre est sèche et vole partout. Je m'occupe alors de la maison. J'ai fais un pudding au café pour ce soir. Mangé froid, ce sera notre petit délice de la soirée. Je lave tous les manteaux d'automne et d'hiver. On n'en aura plus besoin avant quelques mois. Les journées sont assez chaudes pour que les tissus s'assèchent bien. J'en profite. Je le fais chaque année à la même période. Sorte de rituel qui annonce la fin d'un hiver - le dernier a été pour nous dur et froid - et le début de la belle saison. L'après-midi, surtout avec tous ces congés qui me donnent l'illusion des vacances en permanence, je sors mes livres. Avec Gustave, on s'installe au jardin ou dans la bibliothèque. La maison, ici, est tellement bien située, le soleil est partout aux bons endroits, tout au long de la journée. On en profite. On se repose. On travaille juste assez. On a enfin quelques moments de plénitude, qui me font un bien fou!
L'été s'annonce merveilleusement doux cette année...
17 juin 2009
Quartiers d'été
Depuis cette semaine, j'ai l'impression d'être en vacances. La température est magnifique. Mes heures de travail sont condensées en deux jours, si bien que ça me laisse cinq jours de congé par semaine. Cinq jour à avoir l'impression d'être en vacances...
Dans mon petit coin de paradis, les choses reprennent leur cour tranquille. L'été est doux. Beau. Pas trop chaud. Tout à fait dans mes goûts. La verdure me semble plus verte que jamais. Le terrain encore plus beau que l'année dernière. Les plants prennent de l'expansion. Les arbres ont grandis.
Les fenêtres sont grandes ouvertes. Le vent fait voler les rideaux. Les oiseaux gazouillent et s'occupent de leurs nichées. Devant la maison, entre les deux entrées de pierres, les quenouilles redressent la tête et seront bientôt à maturité. Les quenouilles me font penser aux vacances.
La poussière des rangs monte très haut dans le ciel et entre inévitablement dans la maison. Ça me dérange quand je fais le ménage. Mais le reste du temps, ça me donne l'impression de vivre à l'écart de tout. Quand une voiture passe (chose rare) on le sait. On le voit. On le sent.
Avec Gustave, les journées s'écoulent tranquillement. Je l'amène jouer dehors. Il fait le fou sur le terrain. Il court partout, découvre les fleurs, machouille des brins de gazon, prend un bain de soleil et vide des bols d'eau. Après, il rentre épuisé à la maison. Pendant qu'il s'amuse, je lis au soleil. Je lis des livres qui me parlent d'été, de vacances, de maisonnettes dans la nature, d'histoire. J'ai l'impression de voyager, tout en restant chez moi, j'ai l'impression de confondre mes journées avec ce que je lis. Le charme de la campagne, dans les livres comme dans la vie, se ressemble beaucoup...
15 juin 2009
Gustave
Peu de temps après avoir perdu Homer, nous avons décidé d'adopter Gustave. Il était prêt à partir de son élevage. Sa bouille nous a fait craquer. Nous n'avons pas attendu longtemps et avons décidé d'aller le voir. Le soir-même, nous rentrions avec lui à la maison. Ce fut rapide. Sur le coup, j'ai eu peur de le regretter. Et si je n'aimais pas suffisamment ce petit chien? Je me trompais lourdement. Gustave est tout ce qu'il y a de plus attachant.
Avec mes heures de travail d'été, j'ai tout mon temps libre, puisque ma semaine normale de travail est condensée en deux grosses journées. Il me reste cinq jours libres à la maison. Je pensais aussi à l'automne et aux nombreuses heures que mon Doux doit faire au travail chaque fois. À toutes ces soirées où Homer m'accompagnait devant un bon film, avec un thé et une couverture en attendant que mon homme rentre à la maison. Je me suis dis que malgré le deuil d'Homer, il me restait beaucoup de place pour aimer un autre petit chien.
M'occuper de Gustave rempli bien mes journées. Ça me rappelle aussi de bons souvenirs. C'est notre troisième bulldog. Chacun a ses manies, son tempérament, son caractère. Mais les bulldogs ont tous ce petit quelque chose qui me plaît tant, ces expressions et cette lueur de compréhension qui font que je suis littéralement amoureuse de cette race.
Gustave est un petit chien amusant, attachant, qui découvre le monde qui l'entoure. Il est doux, tranquille, mais aussi très joueur. Et je suis très contente de l'avoir avec moi. Il fait le bonheur de tous ceux qui le rencontre!
La vie continue et cette fois, ce sera avec mon petit Gustave, que j'aime déjà beaucoup, beaucoup... :)
10 juin 2009
La vie continue
Vivre va de paire avec l'inévitable question du deuil. Vivre, c'est aussi mourir un jour. Que la perte soit humaine ou animale, elle fait toujours mal.
Le 1er juin, Homer a fait une petite chute en sautant pour attrapper un bâton. Un accident tout bête, pendant que l'on jouait. C'était une belle journée. Il est tombé, a semblé sonné pendant un moment puis je l'ai aidé à se relever. Il semblait un peu déboussolé, sans plus. Le mardi soir, en rentrant du travail, il avait la tête penché, du mal à marcher sur ses quatre pattes. Mais il était enjoué, mangeait bien. On l'a amené chez le vétérinaire, mais sans vraiment s'inquiéter. Homer était encore un jeune chien. On en a donc conclue à une commotion cérébrale. Et peut-être une otite, à cause de la tête penchée. Il ne présentait pas vraiment de signes de maladie. Il a donc été traité pendant quelques jours, sans résultat. Le dimanche suivant, au matin, Homer semblait apathique. Il dormait beaucoup. Ne se levait pas. On a tenté de contacter un vétérinaire, mais le dimanche rien n'est ouvert. De minutes en minutes son état se détériorait. Il semblait avoir mal, poussait de petits cris, ne bougeait plus. Ne tenait plus sur ses pattes. Le vétérinaire nous a téléphoné vers 15h. Homer n'arrivait plus à se lever. Je croyais le voir mourir dans mon salon. Nous l'avons pris dans nos bras pour le mettre dans la voiture. Il ne pouvait plus le faire lui-même. La chute a causé un ACV qui laisse de graves séquelles, allant de la perte de la vue, de l'ouïe, jusqu'à la paralysie, et souvent à une ou plusieurs rechutes qui peuvent entraîner la mort. Il était trop jeune pour un ACV. Personne n'a envisagé cette possibilité. J'en ai voulu au vétérinaire, à moi-même et à la terre entière de m'enlever MON chien... C'est normal. Mais ce n'est la faute de personne.
On commençait déjà à faire notre deuil. Après avoir vu l'état dans lequel il était à la maison, je n'espérais rien, à moins d'un miracle. Je ne peux concevoir de laisser vivre un animal qui souffre autant, qui n'est plus l'ombre de lui-même. Je ne le voudrais même pas pour moi, encore moins pour mes animaux. Mentalement, on se prépare. Les jours qui ont suivis ont été horribles. On se donnait jusqu'à mardi, avec le vétérinaire, pour tenter l'impossible. Au cas où. Mais pas trop longtemps, pour ne pas étirer sa vie inutilement. Souffrir, ce n'est pas une vie. Ces journées-là ont été intenables. On savait Homer entre la vie et la mort. On devait faire son deuil en quelque sorte, mais il était toujours vivant. On ne savait plus comment parler de lui. Au passé, au présent? Peut-être qu'un miracle, ça existe? On est lucide et conscient que ses chances sont minces, mais il reste toujours un petit espoir...
Le pire de son absence, c'était de sentir sa présence. C'était de prévoir faire des gestes en fonction de lui, en se rappelant tout à coup qu'il n'y est plus. C'était s'endormir dans le silence alors que l'on était habitués à le faire sous ses ronflements depuis 4 ans. C'était d'aller chercher le courrier sans lui, alors que je n'avais qu'à prononcer le mot pour qu'il viennent me rejoindre dehors et que ce soit l'occasion d'un petit bol d'air pour tout les deux, avant le dîner. C'était d'avoir le réflexe de remplir son bol d'eau, de refermer une porte ou de faire attention si on échappe quelque chose. Le plus dur, c'était d'aller le porter au vétérinaire, de rentrer à la maison et d'avoir encore le réflexe de penser qu'il nous accueillera à notre arrivée... Le plus dur, c'était le silence. De ne plus entendre ses griffes tapoter le plancher à chacun de ses pas. Le plus dur, c'était de se regarder, mon Doux et moi, avec une sorte de sourire triste, et de savoir que tout les deux, on pensait à lui. Le plus dur, c'était de voir une journée magnifique, pleine de soleil et de vent, et de penser qu'il aurait été si agréable de sortir en promenade tous les deux, comme on le faisait régulièrement...
Je passais mes journées avec mon chien. Il m'accompagnait dans mes déplacements, dans mes activités, je lui parlais beaucoup. Prendre un chien pour le laisser attacher à un mètre de corde après un poteau ce n'est pas mon genre. À force de lui montrer des choses, de lui parler, il était très réveillé, très intelligent et très alerte. Il connaissait une foule de mots. Il connaissait le nom des gens, le nom des aliments, les pièces de la maison. Il savait comment ouvrir la porte de la maison, si seulement ses coussinets avaient été aggrippants...
Ces trois jours, j'ai erré dans la maison comme une âme en peine. Je mangeais parce qu'il faut bien se nourrir. Peu importe ce que j'attrapais au passage, tant que ça se mangeait et remplissait le corps, ça faisait l'affaire. J'ai fais des souper de crème glacée au chocolat. Mangé des noix en quantité industrielle. Et vidé des litres d'eau. J'ai beaucoup écrit, des textes soi-disant pour mon blog, décousus et remplis de beaux mots et d'expression sur ce que je ressentais. Écrire m'a donné du courage. A fait cesser les larmes au fil des heures. J'ai trouvé un site web sur le deuil animal qui m'a beaucoup aidé. J'ai lu et relu les différentes sections. Mon état désespéré a duré deux jours. J'allais travailler et je me concentrais sur une tâche routinière (classer des cartes, des livres) pour concentrer mon esprit sur quelque chose de simple, qui me ferait oublier pendant quelques minutes, ma peine. J'ai lu et relu tout le site web consacré à Homer. Ça m'a fait du bien. J'en ai d'ailleurs fait une copie à l'aide d'un excellent aspirateur de site. Je le garderai comme souvenir, pour me rappeler les bons moments.
Hier, c'était mardi. Dernier jour de chance pour mon gros bébé. Le vétérinaire m'appelle. Homer ne va pas mieux. Aucune amélioration. Il y a même détérioration. Nous étions préparé. Il est temps de prendre la grande décision. On ne le laisse pas vivre dans cet état. Le soir, nous avons rendez-vous. À cette étape, je crois que toute décision est bien personnelle. On nous a demandé si on souhaitait assister à l'euthanasie. Oui. On voulait être certain qu'il mourrait et quand il rendrait son dernier soupir. On ne voulait pas, par contre, garder le corps pour l'enterrer au jardin. Nous n'en étions pas capables, émotivement et je ne me voyais pas passer devant sa "tombe" tous les jours, en me disant que mon chien y était enterré. Et si on déménageait? Je n'avais pas envie de le laisser sur un terrain où je ne reviendrais jamais...
Quand nous sommes arrivés chez le vétérinaire, on nous a très bien accueillit. On nous a expliqué le déroulement de l'euthanasie. La dame nous a dit que beaucoup de gens n'assistent pas à la mort de leur animal. Je crois que c'est un choix tout personnel, mais moi, ça m'a fait un bien immense. Un calmant lui a d'abord été administré. Nous nous sommes approchés de la cage où il était. Il s'est poussé jusqu'à nous à l'aide de ses pattes de derrière. Les seules toujours en fonction. Tout le devant était paralysé. Il avait maigri. Il nous a reconnu. A agité sa petite queue. A voulu aller voir mon Doux et se coller à lui. Le vétérinaire nous a laissé 20 minutes avec lui. J'ai trouvé l'attitude du vétérinaire et de son assistante très reposante, très respectueuse. Je leur en suis reconnaissante. Nous avions besoin de ce temps passé avec Homer. Nous lui avons parlé. Dis combien il était aimé et que l'on penserait toujours à lui. On l'a caressé longuement, derrière les oreilles, comme il aimait. Nous lui avons dit que nous serions là avec lui et qu'il cesserait de souffrir. Il s'est détendu. Nous l'avons amené sur la table. Doucement, le vétérinaire l'a couché. Homer s'est laissé glissé dans une sorte de demi-sommeil. Il gardait ses yeux sur nous. Je lui ai caressé la tête pendant tout le temps qu'a duré l'injection. Il a soufflé deux fois avant que son coeur s'arrête. Paisiblement. Calmement. Je lui ai fermé les yeux. Je lui ai caressé la tête une dernière fois. Son collier dans ma main, nous sommes sortis et rentré à la maison.
Dans la voiture, je pleurais, je souriais. Je me sentais soulagée. Pour moi, pour lui. J'ai eu le sentiment de lui avoir offert une fin douce, calme, et humaine, tout comme l'a été sa vie. Nous étions avec lui jusqu'à la fin, comme il a été là pour nous dans nos joies, nos peines et nos difficultés au cours des quatre dernières années.
Homer est mort hier. Tout ça semble soudain pour vous, qui me lisez, car je n'ai pas vraiment écrit beaucoup ces derniers temps, mais les derniers jours m'ont parus des semaines. Homer est gravement malade depuis plus d'une semaine. Nous l'avons vu dépérir à vue d'oeil et avons eu le temps de faire en quelque sorte notre deuil. La journée d'hier s'est mieux passée que ce que j'appréhendais. Ce matin, je me suis réveillée en pensant à lui, qui gambadait sur le terrain, enjoué et heureux comme il l'était avant d'être malade. J'ai rangé son collier et sa couverture favorite dans une boîte. Elle a toujours son odeur.
La vie continue. Pleurer mon chien pendant 2 ans ne me mènera à rien, même si on l'a énormément aimé. Ça ne le fera pas revenir. Il faut avancer dans la vie, à travers le bon comme à travers les épreuves. Nous n'oublions pas pour autant. Nous allons faire agrandir et encadrer notre photo préférée de lui. Celle avec les marguerites. Parce qu'elle représente bien ce qu'était Homer.
Nous commençons à penser à un nouveau petit chien. Pas pour remplacer Homer. Rien ni personne ne peut le remplacer. Mais pour avoir à nouveau un petit compagnon, amusant, différent, une autre petite boule de poil à aimer. Avec ses nouvelles manies. Son caractère propre. Mais ce sera un bulldog anglais, comme Homer. Parce que quand on a appris à aimer ces chiens, on ne peut plus s'en passer...
09 juin 2009
Au revoir, Homer
Homer
12 septembre 2005 - 9 juin 2009
Après presque 4 ans de vie avec nous, Homer nous a quitté suite à un ACV qui lui fût fatal. Ceux qui nous connaissent bien savent que ce chien comptait énormément pour nous. Il nous accompagnait partout et était beaucoup aimé de nos familles et de nos amis.
Tout petit, sa venue était attendue et espérée depuis longtemps. Homer était une petite boule d'énergie, de vitalité et un compagnon merveilleux. Il a eu une vie heureuse et a toujours été gâté et choyé. Il nous l'a rendu au centuple.
Homer nous manque beaucoup. Son souvenir restera longtemps dans nos cœurs. Il y garde une place importante, même s'il laisse un grand vide...
Merci à tous pour votre soutien et vos bons mots.
04 juin 2009
Difficile...
Je ne laisse qu'un petit mot rapide. J'ai peu de temps et pas vraiment la tête à écrire. Je suis en retard partout. La maison est à la traîne (et dûe pour un grand ménage). Je suis fatiguée. J'ai mal à la tête. Nous avons passé une nuit blanche, mardi soir. Mon Doux est malade. La journée d'hier a été consacrée à attendre pour pouvoir rencontrer un médecin. Plusieurs cliniques ne voulaient pas nous rencontrer parce qu'on n'a ni médecin de famille, ni dossier nul part. Nous ne sommes pas suffisamment souvent malade il faut croire... On a fait 50 minutes de route avant de pouvoir aller quelque part où on daignait nous rencontrer. Vraiment, le système de santé est fabuleux au Québec. Mon Doux a donc des antibiotiques à prendre. Il commence déjà à aller mieux.
Mardi soir, on rentrait d'urgence au vétérinaire. Je pense d'ailleurs sérieusement à me faire soigner là-bas désormais , le service étant d'autant plus professionnel qu'il est rapide. Bref, Homer a une commotion cérébrale et une otite. Il marche comme s'il était ivre, la tête inclinée en permanence sur le côté. Juste de le regarder, j'ai envie de pleurer. Nous lui donnons des anti-inflammatoire le soir. Après deux jours, il n'y a rien de changé. J'ai été chercher des médicaments tout à l'heure, à lui donner deux fois par jour. Je dois aussi surveiller sa température. Si elle augmente, son état peut être critique. Il est suivi de près par le vétérinaire, qui n'est qu'à quelques minutes de la maison. Je dois l'appeler régulièrement pour l'informer de l'état d'Homer. J'ai peur. Terriblement peur. Je ne sais pas ce que je ferais s'il lui arriverait quelque chose de grave.
Après avoir dormi un peu ce matin, je me sens mieux. J'essaie d'être positive et de miser sur les bonnes choses. Mon Doux va mieux. On a tous bien dormis cette nuit. Homer est un peu plus enjoué. Il mange bien et boit régulièrement, comme d'habitude. Il réagit quand on lui parle, comme d'habitude. J'ose espérer que tout rentrera dans l'ordre...
En attendant, je suis en retard dans tout... mais je me laisse le temps. Il y a des moments où il faut laisser de côté ce qui n'est pas urgent (comme le ménage) et se consacrer à ce qui est important (le sommeil, la santé, le repos).
Le reste, suivra.
J'imagine.




